Avec Demain Aussi ! vous avancez pas à pas dans votre démarche avec nos partenaires experts, quels que soient vos enjeux RSE
La prise en compte du handicap et l’inclusion des personnes handicapées : voilà un enjeu qui me tient particulièrement à cœur…
Sujet de mon travail de recherche en DESS sous la Direction de la Déléguée ministérielle à l’accessibilité*, application professionnelle concrète dans une action phare de ma toute première démarche RSE en 2009 : une thématique que je connais bien mais pour laquelle vous pouvez avoir besoin d’un accompagnement plus poussé au moment de déployer vos actions.

Demain Aussi ! c’est un accompagnement 360°C sur vos enjeux RSE grâce à un écosystème de partenaires experts que j’interviewe dans ce blog
Je suis très heureuse aujourd’hui de donner la parole à Alix Decroix, Référente Handicap externalisée. Je côtoie régulièrement Alix dans mon collectif d’entrepreneurs depuis plusieurs années. Connaissance approfondie du sujet, en théorie et en pratique, belle expérience de son intégration dans les démarches RSE, approche très pragmatique pour les PME et les ETI : j’apprécie cette professionnelle engagée.
Je vous laisse découvrir le regard et les conseils d’Alix en matière de handicap.
Pourquoi intégrer le handicap à sa démarche RSE ? Quels bénéfices en tirer ?
Rappelons d’abord que toutes les entreprises de plus de 20 personnes doivent compter dans leurs effectifs 6% de travailleurs en situation de handicap, c’est la loi. Aujourd’hui, le taux moyen n’est que de 3,6%…
Je suis convaincue que cette obligation ne doit pas être le seul driver des entreprises. L’enjeu handicap a toute sa place dans les démarches RSE, sur l’axe Social mais aussi dans dans l’esprit même de la RSE avec le S « Sociétale » de la RSE.
Les entreprises peuvent tirer des bénéfices d’une politique handicap volontariste : toutes les études et les retours d’expérience montrent que la diversité, quelle qu’elle soit, est un vecteur d’innovation et de cohésion.
Par ailleurs, prendre soin de ses collaborateurs, prendre en compte leurs vulnérabilités, les accompagner, participe à créer une culture d’entreprise plus inclusive. Cela contribue à les fidéliser et à attirer des candidats sensibles à ces valeurs.
Sur quels axes progresser quand on est une PME ou une ETI ?
Je pense que le point de départ de toute politique handicap est la sensibilisation.
L’objectif est de s’adresser à l’ensemble des collaborateurs pour :
- montrer toutes les réalités que revêt le handicap, on en a encore une vision très restrictive ;
- déconstruire un certain nombre de préjugés et idées reçues ;
- permettre à certains salariés de réaliser qu’ils sont peut-être en situation de handicap et donc d’envisager les démarches de reconnaissance ;
- donner des clés aux autres : c’est une base pour mieux comprendre les difficultés réelles qui peuvent vivre certains de leurs collègues.
En fonction des métiers exercés dans l’entreprise, des situations personnelles déjà rencontrées, nous élaborons un calendrier pour aborder les thèmes prioritaires : le handicap invisible, les maladies chroniques, le handicap moteur… Rien de tout fait ! Ensuite, il s’agit de déterminer le format adapté : des interventions en présentiel, plus ou moins longues selon la disponibilité des salariés, ou bien un format type mail ou flyer, s’il s’agit d’équipes multisites ou détachées de l’entreprise.
Les autres axes sont :
- l’accompagnement des collaborateurs dans les démarches RQTH [Reconnaissance de Qualité de Travailleur Handicapé] ;
- le développement des achats responsables auprès du secteur protégé ;
- le recrutement de salariés en situation de handicap (de la rédaction de l’annonce à l’on-boarding) s’il y a lieu.
Un conseil à donner pour démarrer ?
Pour que la politique handicap porte ses fruits et soit pérenne, il est indispensable de s’assurer de l’engagement de la direction et de la sincérité de la démarche. Elle doit être porteuse et porte-parole des engagements pris dans ce cadre. Et il faut qu’il y ait au moins une personne désignée pour piloter cette politique au niveau opérationnel, même si l’entreprise fait appel à une ou des expertises externes.
Il est également nécessaire de s’engager dans le temps, de manière régulière et auprès de l’ensemble du collectif de travail. On voit de nombreuses entreprises qui vont mettre beaucoup d’énergie et de budget pour déployer des actions au moment de la SEEPH [Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées] au mois de novembre, puis plus rien, c’est presque à coup sûr un coup d’épée dans l’eau.
Pourquoi as-tu eu envie d’accompagner les entreprises sur ce champ de la RSE ?
Je gravite dans le champ du handicap et du médico-social depuis plusieurs années, en particulier avec un engagement bénévole auprès d’élèves en situation de handicap du collège-lycée Toulouse Lautrec à Vaucresson. Ces jeunes sont de futurs salariés et il m’a semblé indispensable que les entreprises soient sensibilisées pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles.
Comment as-tu développé ton expertise de la thématique Handicap ?
Le handicap est un sujet très réglementaire, encadré, avec des dizaines d’acronymes, de nombreux acteurs… c’est pourquoi, on ne peut pas improviser. J’ai donc entamé un cursus universitaire et obtenu un D.U référent handicap secteur privé, secteur associatif et fonction publique à l’UPEC (Université Paris Est Créteil). Aujourd’hui, je suis ravie d’accompagner des PME et des ETI de tous secteurs et de les voir investir le sujet, l’intégrer à part entière dans leur politique, de manière déterminée, pour progresser dans leurs engagements.
Vous avez envie d’en savoir davantage sur les partenaires de Demain Aussi ? Dites-le moi !
* Laurence Barroux (1999) : « L’accessibilité des transports urbains aux personnes à mobilité réduite » Mémoire de DESS « Transport, communication et logistique des échanges internationaux » Université Paris IV Sorbonne. Sous la direction de Catherine Bachelier, Responsable de la Délégation à l’Accessibilité du Ministère des Transports